Quelles psychanalyses pour penser les dominations et soigner leurs effets ?

Colloque 21 janvier 2026

Programme 

9h15. Lotfi Ouanezar, Directeur général d’Emmaüs Solidarité. Allocution de bienvenue. 

9h30. Marie Rose Moro, Professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université de Paris Cité. Introduction. 

9h45. Daniel Delanoë, Psychiatre et anthropologue Paris, Etampes et Claire Mestre, Psychiatre et anthropologue, Bordeaux. Penser les dominations en clinique. 

10h. Thamy Ayouch, Psychanalyste, professeur Université Paris-Cité. Le racial-infantile : l’inconscient en régime de rapports sociaux de domination de race. 

11h. Bruno Clavier, Psychologue, psychanalyste. La découverte et l’abandon par Freud de la réalité de l’inceste et des violences sexuelles 

11h45. Françoise Davoine, Psychanalyste, Paris. Face à la guerre, l’aveuglement d’une psychanalyse dominante. 

14h. Florent Gabarron-Garcia, Psychologue, psychanalyste, maître de conférence à Paris 8. Effets des dominations dans la psychose. 

14h45. Malika Mansouri, Professeure de psychologie clinique, université Sorbonne Paris Nord. Le colonialisme de peuplement et ses traumas. 

15h45. Simona Taliani, Psychologue, psychothérapeute, anthropologue, professeure à Naples L’Orientale. « Un chef du village est battu ». Rêves et Domination, ou pour une ethnopsychiatrie dé-confisquée. 

16h30. Claire Mestre et Daniel Delanoë. Conclusion : pour des psychanalyses critiques. 

Argument

Le concept de domination est quasi absent du discours psychanalytique. Malgré le potentiel émancipateur de sa méthode qui mène à la découverte de l’inceste à l’origine de l’ « hystérie », Freud arrive à en nier la réalité. Probablement en raison de ce qu’il doit alors affronter de son histoire personnelle, de l’omerta du système inceste tel que l’a identifié Dorothée Dussy (Le berceau des dominations, 2021), de la domination masculine et de la domination adulte sur les enfants, particulièrement puissantes à son époque.

La théorie du fantasme et du complexe d’OEdipe fait alors alliance avec ces dominations en faisant porter la faute à l’enfant coupable de ses désirs, et innocente le parent. Ce tournant a engagé une tendance majoritaire de la pensée psychanalytique freudienne, kleinienne et lacanienne à mettre de côté l’ensemble de la série traumatique. Cette psychanalyse invisibilise les dominations et fait une lecture psychologisante de leurs effets.

Cependant, des psychanalystes pensent depuis longtemps ces violences socialement construites Nous en invitons dans ce colloque quelques-unes et quelques-uns à défendre et illustrer une psychanalyse critique des dominations, à en identifier les effets psychiques comme Frantz Fanon l’a fait à propos des dominations racialistes et coloniales, et à les penser dans la thérapie.

Colloque organisé par Daniel Delanoë et Claire Mestre

Lotfi Ouanezar

Directeur général d’Emmaüs Solidarité
Allocution de bienvenue.

Marie Rose Moro

Professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université de Paris Cité.
Introduction.

Daniel Delanoë

Psychiatre et anthropologue Paris, Etampes

Claire Mestre

Psychiatre et anthropologue, Bordeaux.

Penser les dominations en clinique.

Thamy Ayouch

Psychanalyste, professeur Université Paris-Cité.

Le racial-infantile : l’inconscient en régime de rapports sociaux de domination de race.

Bruno Clavier

Psychologue, psychanalyste, professeur Université Paris-Cité.

La découverte et l’abandon par Freud de la réalité de l’inceste et des violences sexuelles

Françoise Davoine

Psychanalyste, Paris.
Face à la guerre, l’aveuglement d’une psychanalyse dominante

Malika Mansouri

Professeure de psychologie clinique, université Sorbonne Paris Nord.

Le colonialisme de peuplement et ses traumas.

Simona Taliani

Psychologue, psychothérapeute, anthropologue, professeure à Naples L’Orientale.

Rêves et Domination, ou pour une ethnopsychiatrie dé-confisquée.

Daniel Delanoë

Psychiatre et anthropologue Paris, Etampes

Claire Mestre

Psychiatre et anthropologue, Bordeaux.

Conclusion : pour des psychanalyses critiques.