A.I.E.P.
Maison des Adolescents de Solenn
97, Boulevard de Port-Royal
75 679 Paris Cedex 14
Informations
Lundi 16 novembre 2026
Dans cette période où la guerre semble éclater de toutes parts, ce colloque nous offre un temps de répit, un espace pour réfléchir ensemble. A travers ce colloque nous voulons affirmer que la pensée et la culture peut être un terrain de rencontre, de nuance et de paix dans un monde trop souvent traversé de tensions.
Le colloque « Pourquoi la guerre ? » prend appui sur une intuition féconde : si la guerre hante l’histoire humaine, ce n’est pas seulement par la force des armes, mais par la structure même de la culture. Freud, dans son échange célèbre avec Einstein, rappelait que la culture se construit en exigeant de chacun une renonciation à certaines pulsions, une domestication de la violence interne en vue de la vie commune. C’est précisément sur cette tension – entre les nécessités de la culture et les turbulences psychiques qu’elle suscite – que ce colloque souhaite réfléchir. Du point de vue clinique, la culture apparaît comme un espace où l’humain tente d’apprivoiser son propre excès. Mais cet apprivoisement n’est jamais complet. Les intervenants exploreront comment les normes collectives, les idéaux partagés, les récits fondateurs laissent des zones d’ombre où la conflictualité continue de fermenter. La guerre peut alors être entendue comme un moment où la culture, débordée par ce qu’elle tente de contenir, laisse surgir ce qui avait été refoulé : la rage, la fascination pour la toute-puissance, le besoin de purifier un imaginaire menacé. Les formes culturelles sont plus ou moins porteuses des germes de guerre, des entrées en guerre, comme le faisait remarquer H. Arendt (1951) dans ses écrits sur l’origine du totalitarisme. Les sorties de guerre sont des temps féconds puisqu’elles mettent à l’œuvre des processus mal connus : la réconciliation, la réhumanisation, le pardon, la réparation… Ces interrogations concernent aussi les enfants, pris dans les guerres et les différents types de conflits, amenés à former des jugements, des protections, au cœur de l’incendie qui marquera à jamais leur devenir. Le titre classique de ce colloque a été utilisé par de nombreux illustres auteurs, ainsi dans la célèbre correspondance entre Albert Einstein et Sigmund Freud (1932) mais aussi plus récemment par Frédéric Gros (2023) ou J-François Bayart (2025) ou en anglais par Philip Smith ou John Scales Avery. Nous l’utiliserons ici dans sa dimension politique, anthropologique et clinique. L’objectif de cette journée n’est pas de résoudre la question « Pourquoi la guerre ? » –, question infinie précisément parce qu’elle est enracinée dans l’histoire de la culture –, mais d’en dégager les résonances contemporaines : comment les sociétés actuelles traitent-elles leurs conflits internes et externes ? Quelles nouvelles formes prend la violence quand les systèmes symboliques vacillent ? Comment penser la culture non comme un rempart naïf, mais comme un espace fragile à préserver, un espace de construction de liens toujours en réélaboration.
En explorant ces pistes de manière pluridisciplinaire, ce colloque se propose d’ouvrir un champ de réflexion où la culture, loin d’être un simple décor, devient le laboratoire vivant d’où naissent à la fois le désir de paix et les conditions de la guerre et où le soin psychique est un véritable antidote à la violence de la guerre pour les êtres, les familles et les institutions.
23 et 24 octobre 2025
31e colloque international de la revue L’autre – Montréal (Québec/Canada)
La clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Institut universitaire SHERPA et la clinique de psychiatrie transculturelle de l’Hôpital Jean-Talon accueillent le 31e colloque de la Revue L’autre sous le thème de la construction de l’identité chez les jeunes en contexte de sociétés culturellement diversifiées.
En ces temps de perturbations mondiales où les conflits, les guerres, la montée de la droite, les catastrophes écologiques ainsi que les mouvements migratoires qui y sont associés se multiplient, comment se construisent les jeunes qui grandissent dans ce monde en constant changement ? Qu’en est-il des possibilités de métissage et de transmission culturelle dans ce contexte de globalisation ? Comment se construire quand le regard de l’autre est porteur de préjugés ? Est-il possible que la conjoncture actuelle rende la jeunesse plus à risque d’être « exposée », au sens de l’enfant exposé de Moro (1989). Comment se choisir des appartenances dans ce contexte en évitant un flottement identitaire pouvant mener au repli sur soi ou à des trajectoires polarisées ? L’événement vise à réunir des acteurs de différents horizons qui s’intéressent et œuvrent auprès de jeunes migrants et racisés et de leur famille. À partir du contexte québécois aux spécificités linguistiques et migratoires complexes, ce colloque vise à réactualiser une réflexion plus large sur la construction identitaire des jeunes, et sur les façons de les accompagner.
Objectifs du colloque
6 et 7 juin 2024
28e Colloque international de la Revue L’autre – Campus Condorcet, Aubervilliers
A qui appartiennent les enfants ? Cette question a été posée en 1999 par la Nouvelle Revue d’Ethnopsychiatrie (NRE). Un quart de siècle plus tard, nous la reposons à la lumière des réalités contemporaines.
L’enfant est inévitablement inscrit dans ses filiations paternelle et maternelle, porté par ses ascendants et au-delà, par ses groupes d’appartenance. Toutefois, si l’enfant « appartient » à sa famille, à sa filiation, l’évolution socio-historique de son statut et notamment la convention internationale des droits de l’enfant, promulguée par l’ONU en 1989, le fait également advenir sujet de droit. En France, différentes lois voient le jour et notamment la création de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et la mise en place du défenseur des enfants. Le principe est, ainsi, de protéger tous les enfants victimes de maltraitances et/ou de négligences, principalement dans les familles. L’Etat s’implique donc désormais pour « l’intérêt de l’enfant », cela induisant une sorte d’« ingérence de l’État » au cœur « des familles » (Ségalen, 2010).
Que se passe-t-il, par exemple, lorsque le bébé, l’enfant ou l’adolescent se trouve désaffilié de sa famille d’origine dans des situations « singulières » telles que l’adoption, le « confiage » comme c’est le cas dans certaines sociétés traditionnelles, ou bien lorsqu’il s’agit de décisions judiciaires ou d’initiatives d’État, et que l’institution a comme mission de séparer, parfois de façon irréversible, l’enfant de ses parents ? Qu’en est-il des enfants en situation de handicaps ? Entre famille et institution(s)… Qu’en est-il également des enfants issus des nouvelles formes de parentalité ou de procréation ?…
C’est aussi le cas de nombreuses situations spécifiquement violentes et traumatiques comme pour les enfants isolés non accompagnés, en terre étrangère.
Qu’en est-il, aussi, de ces enfants qui font le choix ou se trouvent contraints de rompre le lien avec leurs familles pour rejoindre les rangs de groupes extrémistes ? Qui/que fuient-ils ? Et de qui deviennent-ils le problème ? De même pour les enfants dits de « retour de zone d’opération de groupements terroristes ».
Qui va alors prendre soin du bébé, de l’enfant et de l’adolescent dans ces situations ? Comment se construisent-ils ? Quel devenir ont-ils ? A qui appartiennent-ils ?
Colloque organisé par l’Université Sorbonne Paris Nord, avec l’Université Paris Nanterre, l’Université Paris Cité, l’AIEP et Le Centre Babel.
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. le colloque est gratuit mais l’inscription est obligatoire.
15 et 16 juin 2023
Nous vous proposons lors du 27e colloque de la revue L’Autre, de nous arrêter sur les traversées, les traversées des pays, des mondes visibles et invisibles, des générations, les traversées intérieures, intimes.
Dans ce processus, nous passerons de l’universel au singulier, du réel à l’imaginaire, du traumatique au créatif. Ces traversées vont faire trace dans nos moments de vie, vont petit à petit prendre place dans l’histoire personnelle des bébés, des adolescents, des parents, des anciens, de manière insaisissable ou concrète. L’espace d’entre deux que recouvrent les traversées nous permet de passer d’un état à un autre, d’explorer les mondes. Dans ces moments en suspens, les moments de passage d’un âge à l’autre, d’une langue à l’autre, du jour à la nuit, les berceuses, les mythes et les légendes, les rêves, la transe, les créations, toutes ces choses qui possèdent une fonction initiatique, vont nous accompagner. Lors des traversées, d’une rive à l’autre, nous prenons appui sur nos rencontres, en partageant chacun un peu de soi.
Nous faisons de nos différences des chemins qui nous relient, nous construisons ensemble des repères métissés. Nous puisons dans notre être pour accueillir humainement les traumatismes, les douleurs, les drames. Nous partageons nos rêves et construisons ensemble des objets qui nous protègent.
Ces voies multiples sont autant de guides, de repères à partager, à créer et à raconter.
27e colloque international de la revue L’autre – Coordonné par Élisabeth CASTEL et Caroline GILLES
2 et 3 février 2023 – Carthage, Tunisie
La mondialisation a bouleversé les rapports Nord/Sud, les relations au temps, à l’espace, à l’économie, aux savoirs et aux voyages, toutes les sociétés sont confrontées aux crispations identitaires, aux engagements adolescents et aux révoltes pour l’égalité et la justice.
La clinique transculturelle montre son inventivité en investissant de nouveaux espaces, en élaborant de nouveaux thèmes et en expérimentant de nouveaux dispositifs. Parmi ces derniers, la médiation transculturelle se développe sur de nombreux terrains professionnels tels que l’hôpital, l’école ou encore la protection de l’enfance. Les médiateurs sont les témoins sensibles de ces mouvements de fond. Ils en perçoivent les impasses mais aussi les possibilités. Ils ont déjà fait leurs preuves partout dans le monde, dans des domaines très divers, et selon des formules multiples.
Les dispositifs de médiation deviennent alors des repères pour soutenir le « vivre-ensemble » et le dialogue interculturel, défendre et construire de nouveaux droits, fluidifier les relations thérapeutiques, éducatives, familiales, sociales, juridiques et sportives, améliorer la qualité des relations entre les enfants et les adolescents et entre ces derniers et les institutions.
Colloques de la Revue L’autre