ARABE

Comment se penser soi-même quand on est française d’origine algérienne et qu’on vous regarde comme appartenant à un camp ou à un autre ?

Samyia Al Barràn. 2022.

Publication prévue chez L’Harmattan fin 2022.

En vente dès à présent en autoédition : Samyiaalbarran. samyiaalbarran@gmail.com

Du stage en consultation transculturelle à l’écriture d’un
livre

Samyia est venue participer à la consultation transculturelle il y a quelques années,recommandée par une amie stagiaire. Elle avait fait des études d’anthropologie et avait travaillé sur la mort en exil. Elle s’occupait de lycéens en rupture scolaire. En consultation, elle a évoqué la Kabylie d’où venaient ses parents, la sorcellerie, les djinns.
Ces consultations, dit-elle, ont profondément changé sa vie. En disant : « Je suis kabyle », ou
« Je suis algérienne », elle ne se sentait pas légitime, car elle avait grandi en France. Et quand
elle disait « Je suis française », elle ressentait également un sentiment d’imposture. Les
consultations transculturelles où l’on accueille ces identités bouleversées par la migration lui
ont donné un accès légitime à ces différentes parties d’elle-même.
Elle m’a raconté l’arrivée de son père dans le bidonville de Nanterre, la honte vis-à-vis des
autres enfants de l’école, les tourments de ses proches. Elle m’a parlé de sa grand-mère,
guérisseuse, possédée, et qui s’est rebellée contre son mari. Et de son père qui, enfant, a vu
son ami tué par les soldats français parce qu’il ne voulait pas leur répondre en français. Nous
avons évoqué l’écriture de cette histoire si rarement écrite. Et elle a écrit un livre qu’elle a
édité elle-même début 2022, sous un pseudonyme pour protéger sa famille. « Arabe » de Samyia Al Barràn est un grand livre.
Daniel Delanoë