Dormir avec mon bébé

Dormir avec mon bébé ? non pas moi… En tant qu’éducatrice je savais qu’il ne fallait pas le faire… Trop dangereux ! Et si j’étouffais mon bébé ? Et mon couple ? Comment allions-nous avoir une intimité ? Dans ma culture professionnelle et Occidentale, on sait cela et j’avais tellement « alerté » les mamans que j’accompagnais de ne pas le faire… Mais…  Oui il y a un mais… la première nuit de mon fils, je l’ai gardé tout près de moi, dans mon lit d’hôpital pourtant étroit. Le pire c’est que je m’en suis délectée et que je sais qu’une fois rentrée chez moi, je le referai.

Avant la sortie de la maternité, la pédiatre me donne ses recommandations, me remet un tas de plaquettes sur l’allaitement et les risques de mort subite du nourrisson, elle m’avertit : « ne dormez pas avec votre bébé, si vous souhaitez faire du cododo, mettez le dans un lit prévu à cet effet ! ». C’est officiel, je commence mal mes débuts de maman ! Je me sens tiraillée entre mon désir naturel et spontané de dormir avec mon nouveau-né que j’allaite et les risques que je semble lui faire prendre…. Suis-je totalement inconsciente ?

Mon conjoint récemment arrivé en France et qui m’encourage à continuer de garder notre bébé dans notre lit, ne comprend pas les conseils des professionnels car dans sa culture il est impensable de laisser un nourrisson dormir en dehors du lit parental. Dans ma famille algérienne également.

M.R. Moro désigne par « berceau culturel » l’ensemble des représentations que les parents ont de leur enfant, de sa nature, et celles-ci sont fortement influencées par la culture d’origine des parents et vont elles-mêmes influencer les actes des parents, ainsi que les manières d’entrer en relation avec l’enfant. « Ces dernières n’appartiennent pas en propre aux parents ou à un individu, mais à un groupe ».

Mon tiraillement s’origine dans ces représentations qui se confrontent et en écrivant ces lignes je pense aux mamans à qui j’ai pu dire de ne pas dormir avec leur enfant sans prendre en compte leur culture et les modes de maternage qui leurs sont propres. J’en réalise la violence.

Se pose la question d’un universalisme « fantasmé » que ce soit chez les éducateurs ou chez les soignants et dans leurs formations, où tous les publics, souvent sous couvert d’égalité, doivent être accompagnés de la même manière. Or, la vision occidentale, très médicalisée de la périnatalité est loin d’être partagée dans le monde. L’approche transculturelle permet de faire des ponts à travers un travail de décentrage qui amène à entendre l’autre et à adapter nos accompagnements. L’idée de métissage prend alors tout son sens !

Anissa

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