Le choc culturel

Mon Afrique n’est pas ce qu’on le fait croire,

Pourquoi toujours les mêmes visages, les mêmes commentaires, les mêmes reportages,

A les écouter, mon Afrique ne serait que sécheresse et famine, que combats et champs de mines,

Pas un mot sur l’histoire de ce continent, sur les civilisations et les richesses d’antan,

Aucun mot sur le sens des valeurs des gens qui t’accueillent la main sur le cœur,

Viens dans nos familles, dans nos villages, tu sauras ce qu’est l’hospitalité, la chaleur, le sourire, la générosité,

Viens voir et tu ne pourras pas oublier !

Tiken Jah Fakoly – Viens voir – YouTube

Un choc culturel peut être vécu de plusieurs façons mais il se présente toujours suite à une confrontation directe à une culture autre que la sienne. Expérience fortement angoissante, elle est aussi source d’une prise de conscience possible de sa propre culture et de soi-même. Bon nombre d’experts affirment que toute personne qui vit pendant un certain temps à l’étranger et ceci quelle qu’elle soit la durée de son séjour, subit avec plus ou moins d’intensité les effets du choc culturel.

Étant partie en 2013 au Bénin pour un ‘service volontaire coopération’ (SVC) pour une durée de 6 mois, j’avais reçu, avant le départ, une formation à propos du choc culturel et ses différentes étapes. Je me souviens m’être dite qu’un tel choc ne pourrait pas m’arriver, puisque j’étais suffisamment ouverte à la rencontre d’autres cultures et à l’altérité en générale. 

Et bien, je m’étais tellement trompée ! 

Les premiers jours ont été intenses, avec pleins de nouvelles découvertes qu’elles soient culinaires, musicales ou des simples habitudes sociales. Mais par la suite, mes journées et mes nuits étaient envahies de pleur. J’étais en plein choc culturel, j’en avais tous les symptômes. Au début, je me suis dit que c’était normal, cela devait être dû au manque de ma famille, de mon conjoint, de mes amis. “Au fur et à mesure -je me disais- je vais m’y habituer”. Mais les questions se répétaient sans cesse dans ma tête : qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi j’ai laissé ma vie chez moi ? Il m’a suffit d’une seule semaine ici pour me sentir seule et perdue comme jamais ?

Je vivais dans un constant chamboulement émotionnel : là j’avais la force et la motivation de vouloir m’adapter et, à la minute qui suivait, je doutais de moi et du fait de continuer cette expérience de volontariat. Je nageais dans l’inconnu. Est-ce possible de se sentir forte et fragile en même temps ? J’étais prise par un profond sentiment de vulnérabilité. J’étais tout le temps fatiguée et j’avais aussi envie de dormir tout le temps. Dormir pour que le temps passe plus vite. Je ne comprenais rien à cette culture dans laquelle je vivais et j’avais peur de ne jamais parvenir à m’y adapter. Confuse et exilée au sein d’une culture qui m’était totalement étrangère. Me voici prise au piège du choc culturel !

Partager mon ressenti et mon vécu avec des personnes sur place m’a été primordial. J’ai ainsi compris qu’il ne s’agissait pas d’éviter le choc culturel, ni d’une incompétence d’acculturation, quant plutôt d’un vécu légitime voire même nécessaire pour m’autoriser cette expérience transculturelle où laisser cette rencontre, ce métissage, se faire, et en sortir enrichie intérieurement.

Jenny

Photo by Annie Spratt on Unsplash.jpeg

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